HISTOIRE DE LA CHAPELLE DE
CHENALEYRES
Par un acte daté du 23 octobre 1716, Mgr
Jacques Duding certifie la consécration de la chapelle contiguë au château de
Chenaleyres reconstruite, "de novo erectam et aedificitam", par son
propriétaire André-Joseph Rossier, architecte de l'hôpital des Bourgeois
décédé l'année précédente. Il existait donc à cet endroit une chapelle
primitive assez ancienne pour être démolie. L'autel du nouveau sanctuaire qui
contient des reliques des saints martyrs de la légion de Saint-Maurice, ou
légion Thébéenne, est érigé en l'honneur des saints Joseph, André et
Hélène, patrons des constructeurs. L'épouse de feu A.-J. Rossier,
Marie-Hélène de Castella de Delley, s'engage à en prendre soin à jamais. Cet
acte accorde une année d'indulgences aux personnes présentes du jour de la
consécration et, à perpétuité, 40 jours d'indulgences à celles présente le
jour de l'anniversaire de la consécration, jour de fête de Saint Luc.
Acte de consécration
La propriété a passé successivement au
cours des siècles, par héritage ou contrat de vente, dans d'illustres familles
fribourgeoises : de Castella, de Reyff, d'Alt, de Raemy. Quand le colonel Jules
Repond l'a achetée à Paul de Raemy le 11 février 1905 la chapelle, quoique en
mauvais état, était une des parties les mieux conservées du domaine. Très
pieux, le nouveau propriétaire appréciait le séjour à Chenaleyres
"quand on réussit à obtenir un desservant pour y dire la messe le
dimanche". Il a paré la chapelle en 1909 d'une belle statue de vierge à
l'enfant du XVIIIe siècle dans la tradition de Pancrace Reyff. Elle est placée
aujourd'hui sur une colonne à fleurs torsadée très en vogue au XVIIe siècle.

Vue intérieure de la chapelle
Jusqu'en 1916 les trois grands cadres style régence sur la paroi derrière
l'autel contenaienet trois tableaux du début du XVIIIe siècle d'un peintre
baroque inconnu : la sainte Famille dans le cadre du centre surmonté des
armoiries des familles Rossier et de Castella, de chaque côté Saint André et
Sainte Hèlène. Des oeuvres peintes par l'épouse de Jules Repond ont remplacé
ces toiles d'origine.
A gauche on retrouve un portrait du fils du Colonel, Séverin Repond,
en Saint Jean Baptiste, au milieu, une Sainte Famille avec le Colonel Repond à
droite, sa femme Mathilde, née de Flotow, à gauche, sa fille Praxède en
enfant Jésus et une jeune fille en Marie. A droite se trouve le tableau
figurant Sainte Hèlène.
Le vitrail dans la fenêtre cintrée, à droite de l'autel, est le
chef-d'oeuvre de la chapelle. C'est un travail du peintre polonais de Cracovie,
Joseph Mehoffer, qui obtint le premier prix du concours pour les vitraux de la
cathédrale Saint-Nicolas. Celui de Chenaleyres date de 1908 et représente dans
le plus pur style art nouveau, avec un contraste de couleurs audacieux, la
vision de Sainte Sabine préparée au martyre par une apparition de Sainte
Séraphie.

Texte ci-dessus extrait de la plaquette
"Le Saint crucifix de Belfaux" éditée par la paroisse de Belfaux en
1986.

Bas relief sur la façade sud de la chapelle et tableau de Saint-André
(anciennement placé au-dessus de l'autel)
Texte extrait du journal de Chenaleyres (écrit par Jules Repond - 1905) :
Bien que mieux conservée que le reste de la maison, la chapelle avait un grand
besoin d'être nettoyée, blanchie et repeinte. Le grand cadre sculpté par M.
de Raemy (...) était ébréché et les deux superbes guirlandes qui
l'entouraient se trouvaient en pitoyable état. Aux fenêtres, des vitres
cassées. Les fenêtres fermaient mal et menaçaient ruine. La serrure ancienne
de la porte ouvrant sur la cour jouait difficilement et était détériorée.